Comment mon médecin peut-il être certain que je suis atteint(e) d'HTP?

L'HTP est difficile à diagnostiquer sur le plan clinique, d'après vos symptômes et l'examen physique de votre corps. Par conséquent, l'HTP est souvent diagnostiquée à tort comme un autre trouble médical. L'établissement d'un diagnostic correct d'HTP peut être retardé de plusieurs mois, et ce, pour plusieurs raisons :

  • un patient peut être atteint d'HTP précoce ou bénigne, mais ne présenter aucun symptôme pendant des mois, voire des années
  • un patient peut être atteint d'HTP précoce ou bénigne, mais ne montrer aucun signe de la maladie à l'examen physique
  • chez un patient manifestant des symptômes d'HTP, les signes sont subtils et difficiles à déceler à l'examen physique au début de la maladie
  • les signes et les symptômes d'HTP visibles à l'examen physique sont très similaires à ceux de nombreuses autres maladies cardiaques et pulmonaires

À mesure que l'HTP évolue, les symptômes et les signes visibles à l'examen physique deviennent plus évidents. Par conséquent, au moment où l'HTP est diagnostiqué avec précision, la maladie a souvent eu le temps de s'aggraver. Une HTP plus grave peut être diagnostiquée à partir des résultats obtenus ou des signes observés à l'examen physique du cœur :

 
  • la valve sigmoïde pulmonaire droite du cœur se ferme plus brusquement, ce qui engendre un deuxième bruit du cœur de plus forte intensité (également appelé éclat de B2)
  • le ventricule droit du cœur est hypertrophié, ce qui est senti comme un soulèvement (également appelé soulèvement du ventricule droit) le long du bord gauche du sternum
  • l'artère pulmonaire est hypertrophiée, et cette hypertrophie peut parfois être sentie
  • le ventricule droit du cœur peut s'affaiblir (un phénomène également appelé insuffisance cardiaque droite), ce qui s'observe par l'augmentation de la pression dans les veines du cou (également appelée élévation de la pression veineuse jugulaire), l'enflure des pieds et des chevilles et le gonflement du ventre
  • la valve tricuspide située dans la partie droite du cœur (entre l'oreillette droite et le ventricule droit) peut s'ouvrir et laisser le sang refluer; c'est ce qu'on appelle la régurgitation tricuspidienne ou l'insuffisance tricuspidienne. Cette anomalie est signalée par un souffle au niveau du bord gauche du sternum
  • la valve sigmoïde pulmonaire droite du cœur peut s'ouvrir et laisser le sang refluer; c'est ce qu'on appelle la régurgitation pulmonaire ou l'insuffisance pulmonaire. Cette anomalie est signalée par un souffle au niveau du bord supérieur gauche du sternum

Pour confirmer un diagnostic d'HTP, il est nécessaire de mesurer la pression sanguine anormalement élevée dans les artères pulmonaires (également appelée pression artérielle pulmonaire). Cela peut se faire de deux façons :

(1) en effectuant une échographie du cœur (également appelée échocardiographie) :

  • Il s'agit d'un test non invasif sûr et généralement sans douleur
  • L'appareil d'échocardiographie est un instrument médical qui utilise des ondes sonores sans danger pour former des images de votre cœur. Ce test est similaire à l'échographie obstétricale utilisée pour examiner le fœtus chez la femme enceinte
  • L'échocardiographie permet à votre médecin d'examiner votre cœur, de mesurer la taille et l'épaisseur de votre muscle cardiaque, d'évaluer la taille des cavités cardiaques (oreillette droite, ventricule droit, oreillette gauche, ventricule gauche), de voir et de mesurer votre débit cardiaque et d'évaluer le fonctionnement de votre cœur
  • Parfois, l'échocardiographie est effectuée pendant que vous faites de l'exercice pour évaluer comment votre cœur réagit à l'effort
  • L'échocardiographie permet de voir le reflux du sang dans la valve tricuspide (anomalie également appelée régurgitation tricuspidienne) et de mesurer la vitesse de ce reflux, laquelle est reliée à la pression sanguine dans le ventricule droit (également appelée pression systolique ventriculaire droite)
  • La pression systolique ventricule droite est à peu près identique à la pression systolique dans l'artère pulmonaire

Chez les patients atteints d'HTP, l'ECC permet également d'observer :

  • une hypertrophie du ventricule droit et de l'oreillette droite
  • un épaississement du muscle du ventricule droit (également appelé hypertrophie
  • un mauvais fonctionnement du ventricule droit (également appelé insuffisance ventriculaire droite)
  • un épanchement péricardique (présence de liquide dans le sac fibreux péricardique entourant le cœur)

(2) La deuxieme façon de mesurer la pression artérielle pulmonaire est de procéder à un cathétérisme artériel pulmonaire (également appelé cathétérisme cardiaque droit = cathétérisme de Swan-Ganz). Il s'agit d'un test très important pour plusieurs raisons : pour confirmer directement la présence d'HTP, pour évaluer la gravité de l'HTP, le fonctionnement de votre cœur et la quantité de sang qu'il pompe (également appelée débit cardiaque) et pour déterminer si votre HTP répond aux divers médicaments vasodilatateurs.

 
  • Un cathétérisme artériel pulmonaire est le moyen le plus fiable pour diagnostiquer l'HTP. Cette intervention est effectuée en clinique externe sous anesthésie locale
  • Un médecin (généralement un cardiologue) insère un tube de plastique ou de silicone mince et flexible (également appelé cathéter) dans une grosse veine (de votre cou ou de votre aine) et le glisse délicatement dans le cœur, puis dans l'artère pulmonaire
  • Il s'agit d'une intervention invasif qui comporte certains risques, dont un traumatisme à la veine dans laquelle le cathéter a été inséré entraînant une hémorragie, une infection du sang, la formation de caillots sanguins à l'extrémité du cathéter, une irritation du cœur attribuable au cathéter causant une activité électrique anormale dans le cœur ainsi qu'un arrêt sinusal ou des battements anormaux pouvant entraîner une diminution de la pression sanguine et l'évanouissement du patient
  • Un cathétérisme artériel pulmonaire peut mesurer directement la pression sanguine dans les artères pulmonaires (également appelée pression artérielle pulmonaire)
  • Normalement, la pression artérielle pulmonaire est d'environ 25/10 mm Hg (une pression systolique de 25 mm Hg sur une pression diastolique de 10 mm Hg), et la pression artérielle pulmonaire moyenne, de 15 à 20 mm Hg
  • L'HTP est caractérisée par une PAP moyenne égale ou supérieure à 25 mm Hg chez le patient au repos

Echo

Cathétérisme du cœur